Bien-Être et Combat : leur convergence

Steve and Mark

La bonne humeur dans votre pratique martiale… C’est aussi bon pour la santé !

Bien que Kenji Tokitsu ne soit pas de la lignée Wudang, sa réflexion dans son livre «  Tai Chi Chuan » est néanmoins intéressante. En voici un extrait :

« La majorité des adeptes du Tai Chi Chuan ne sont pas intéressés par l'aspect martial et se contentent de s'exercer pour une pratique énergétique et de bien-être. C'est un aspect, certes, positif en tant que pratique corporelle d'origine martiale. 

Pour pouvoir pratiquer longtemps un art martial et progresser continuellement, il faut que la méthode permette une efficacité sur deux plans : celui du maintien et du renforcement de la santé et celui du combat. 

Le Tai Chi Chuan permet cette efficacité sur les deux plans.

Cet ouvrage cherche à mettre en évidence le second aspect du taï-chi-chuan, peu connu, afin de réfléchir sur la méthode d'un entraînement plus riche. L'intérêt de cette recherche est double :

— ceux qui cherchent la qualité martiale du Tai Chi Chuan trouveront un intérêt croissant dans leur pratique, car le Tai Chi Chuan offre la possibilité de surmonter des problèmes qui résultent de l'exercice excessif ou déséquilibré de l'entraînement martial ;

— ceux qui sont peu intéressés par l'aspect martial du Tai Chi Chuan et qui ont pour objectif la recherche du bien-être et de la santé trouveront un appui concret pour leur exercice. L'ambiguïté de l'enchaînement — posture, gestes, etc. — constitue une des difficultés de l'apprentissage du Tai Chi Chuan. Pour apprendre le Tai Chi Chuan, un grand nombre de personnes ont l'impression de bouger sans avoir de référence solide. Il est difficile de mémoriser des gestes sans s'appuyer sur des références concrètes. En prenant connaissance du sens originel d'un geste, celui du combat, on peut acquérir des repères précis et concrets, ce qui permet d'exécuter un mouvement avec plus de précision.

Un des problèmes de l'enseignement du Tai Chi Chuan vient de ce que les détails varient selon les professeurs. Rigoureusement parlant, s'il y a cent maîtres de Tai Chi Chuan, il y a cent pratiques qui différent dans les détails. La raison principale en est qu'ils effectuent des mouvements sans se référer à une situation concrète du combat. Les gestes tendent alors à devenir abstraits et deviennent difficiles à mémoriser et à transmettre avec précision. En effet, un grand nombre de gestes semble s'évaporer dans un espace ambigu, ce qui est dommage puisque chaque geste a un objectif énergétique et technique. »


Kenji Tokitsu : Taï-chi-chuan, origines et puissance d’un art martial. Ed. désiris

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